L'été, la sterne de Dougall, menacée d'extinction, est l'unique occupantede
l'île de la Colombière, à Saint-Jacut-de-la-Mer.
C'est un îlot rocheux de
l'archipel des Ébihens, dans la commune de Saint-Jacut-de-la-Mer. Devenu un
havre de paix. « La Colombière est aujourd'hui une réserve qui sert à protéger
les sternes, plus connues sous le nom d'hirondelles de mer », informe Yannig
Coulomb, gardien du site, géré par l'association Bretagne vivante.
Propriété du conseil général, l'îlot est interdit d'accès pendant la
période de reproduction des oiseaux, qui y trouvent un endroit approprié pour
nicher. Du 15 avril au 30 août, Yannig Coulomb veille à ce que ni bateaux, ni
promeneurs (l'île est accessible à pied à marée basse) ne s'approchent à moins
de 100 m du site. Le temps de laisser les couples couver leurs oeufs et les
poussins être en âge de prendre leur envol. Car les sternes Dougall, farouches,
s'enfuient et abandonnent leurs couvées, dès qu'elles se sentent en
insécurité.
La colonie qui investit l'îlot est mixte, composée de sternes
Pierregarin, Caugek et de Dougall. Cette dernière espèce, menacée d'extinction,
vient d'Afrique de l'ouest nicher sur deux sites en Bretagne : la baie de
Morlaix et la Colombière. Morlaix concentre la majorité des couvées, « mais on
préfère favoriser plusieurs endroits de reproduction. En cas de problème sur un
site, un prédateur qui vient manger les oeufs, par exemple, on a ainsi une autre
chance », explique encore Yannig Coulomb.
En 2006, vingt couples de
Dougall ont été comptabilisés à la Colombière, mais un seul, cet été. Et aucun
poussin sterne ne s'est envolé de l'îlot, cette saison ; les parents ayant
abandonné les nids, à l'approche de deux prédateurs. Un renard et un
faucon-pèlerin ont semé la panique dans l'ensemble de la colonie.
Il
reste 60 couples de sternes Dougall en Bretagne. Ils étaient plus de 1 000 en
1970. En 1980, on n'en comptait déjà plus qu'une centaine. En cause : le
développement des sports nautiques, qui les dérange et les effraie, et celui du
goéland argenté, principal prédateur des sternes. Depuis 1985, les mesures de
réglementation ont effacé la menace qui pesait sur l'espèce. La tendance est
aujourd'hui renversée, malgré l'apparition d'un nouveau prédateur : le vison
d'Amérique. Cet animal, dont l'élevage s'est arrêté il y a quelques années, a
été relâché dans la nature ; il est capable de nager sur deux kilomètres pour
chercher ses proies.
Yannig Coulomb veille à ce que les animaux
prédateurs de toutes sortes, moins sensibles à la protection des sternes que les
hommes, ne viennent empêcher la survie de cette espèce.
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